Au loin du temps des marins

Les brumes basses lèchent les flancs rocheux du cap Fréhel

Un rayon caresse les vagues et réchauffe mes jambes frêles

Les remous huileux attendent que le soleil se lève

Sa lumière embrase généreuse mon âme en sommeil

 

D’autres citoyens du monde suivent les sentiers tracés

Cette nature féconde a besoin d’être respectée

Pour les weekends en famille on reste en deçà des barreaux

Et s’imprègne qui peut mieux qu’un appareille photo

 

Le vent déchire les brumes qui prenaient d’assaut les flancs

Fouettant la roche l’écume réveille les goélands

Ils décrivent circulaires des vols au-dessus des Hommes

Démonstration séculaire d’un règne aux règles autonomes

 

Chacun relève son col pour se protéger du souffle

Rangée d’êtres en parabole guettant les gestes du gouffre

Les langues blanches humides traversent les rangs formés

Les caméras disparaissent sous les vestes refermées

 

La tempête éclate et les vagues attaquent la roche vive

La bruyère plie sous les rafales de pluie qui arrivent

L’oiseau se joue des courants plongeant au-delà des rives

Connaissant le mauvais temps

L’oiseau rit des passants

Qui débarque lorsque le temps dérive

 

Les âmes gagnent une à une le chauffage des autos

C’est la victoire unanime du cap sur les badauds

Le grondement du ressac grimpe le long des falaises

le phare droit comme un glaive tranche raide les bourrasques

ancré sur ce cap hostile comme venant d’une autre ère

quand les hommes se défilent il affronte et comprend la mer

et les hommes disparaissent regagnant leur quotidien

au loin des fracas dantesques au loin du temps des marins

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